Sylvain BEAULIEU : L'équitation ?

Une affaire de comportement !

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LES MOBILISATIONS

Quel que soit l'emploi du cheval, la qualité de sa locomotion est un facteur « clef » dont dépend non seulement la « spécialité » vers laquelle on le destine, mais aussi sa préservation, et ce tant dans les domaines du sport que du loisir.

Par l'expression « qualité de la locomotion », sont sous-entendues les notions :

  • d'amplitude
  • d'activité
  • de fluidité
  • de coordination
  • d'élasticité

Il va de soi qu'en fonction des qualités naturelles du cheval, les objectifs quant à son utilisation doivent être cohérents ! Je fais allusion ici à des chevaux dont les conformations sont telles qu'elles « interdisent » certaines activités sous peine de prendre des risques réels pour la préservation du cheval, et ce tant d'un point de vue physique que psychique. Pour imager par la caricature, inutile de mettre à l'entraînement de course un percheron (!), pas plus qu'un pur-sang au débardage... Et ce sans vouloir forcer le sourire, car chacun d'entre-nous a certainement côtoyé des situations plus ou moins absurdes, même moins extrêmes...

Une locomotion « de qualité » est caractérisée par l'amplitude des mouvements et leur fluidité. Faut-il rappeler que le cheval, en charge de son cavalier, est sous la contrainte d'efforts musculaires différents de ceux qu'il fournit en liberté ?
La priorité du cavalier devrait être mise sur la réflexion et la recherche de moyens permettant de conserver, retrouver et développer cette amplitude et cette fluidité.

Une technique « méconnue », issue de la kinésithérapie équine, consiste à pratiquer des  mobilisations et des étirements.
Les lignes et chapitres qui suivent n'ont pour valeurs que celles issues de mes propres expériences, n'étant pas « qualifié professionnellement » dans le domaine de la kinésithérapie équine ; expériences qui sont issues de la manipulation de mes propres chevaux et de ceux qui m'ont été confiés, tous ayant montré de nettes améliorations dans leurs locomotions, et pour certains la récupération d'amplitudes articulaires perdues...
En prenant en compte quelques simples règles d'applications, qui sont d'ailleurs plus proches du bon sens que que du domaine de la technique, et vus les apports bénéfiques que l'on peut en retirer, les cavaliers et les soigneurs devraient tous être sensibilisés à la pratique de ces mobilisations et étirements qui, menées avec le consentement du cheval manipulé, ne peut qu'apporter du « positif »... D'autre part, le cheval manipulé ainsi, on a là un « indicateur » immédiat sur sa disponibilité ou l'éventuelle apparition de limitation de geste, permettant de déceler au plus tôt un « dysfonctionnement » physique avec toutes les conséquences que cela implique.

Les mobilisations ont pour but d'induire des mouvements articulaires et un étirement, une élongation de formations fibreuses et musculaires. (Approche de la Kinésithérapie du cheval. DENOIX – PAILLOUX)

 

La proprioception :

C'est la « sensibilité profonde » qui correspond à la perception du corps dans l'espace. Elle permet d'ajuster les mouvements et les postures grâce à un échange d'informations entre la musculature profonde (cybernétique), les capsules articulaires, les jonctions musculo-tendineuses et le système nerveux.

Les mobilisations et les étirements dont le but, dans le cas qui nous intéresse, est d'augmenter l'amplitude des gestes du cheval, vont « renseigner » les capteurs « proprioceptifs », ce qui  concrètement, modifie le schéma corporel du cheval. Progressivement, le cheval mémorise des amplitudes allant au-delà de ce qu'il utilise dans le cadre de sa vie « au naturel », ou lui permet de « retrouver » une amplitude, atténuée suite à une pathologie.

Il faut donc bien différencier le « cybernétique » du « musculaire » : les muscles de « gymnastique », c'est à dire ceux qui assurent la motricité, la puissance, qui actionnent les principaux « leviers musculaires », sont peu innervés et donc peu « enclins » à renseigner d'un point de vue de la proprioception ; ce sont en quelque sorte des « travailleurs de force » ! C'est au niveau de la musculature « profonde », cybernétique, dont l'innervation est de l'ordre de 100 à 1000 fois plus riche que la musculature « de gymnastique », que les mobilisations et les étirements vont renseigner quant aux modifications du schéma corporel. À condition que les muscles « de gymnastique » ne s'y opposent pas ; d'où l'importance à s'assurer que les manipulations sur le cheval sont tolérées, admises par le cheval : si elles sont pratiquées « en force », elles n'auront AUCUNE chance de créer des améliorations. Concrètement, pratiquer les mobilisations et les étirements nécessite le fait que « le cheval aille avec le mouvement demandé », et non en s'opposant  au mouvement recherché.

Quelques manipulations :

 

Mobilisations

Gai, anglo arabe de 19 ans.

Gitan, anglo de complément de 19 ans.

Historico, PRE accidenté (encorné postérieur gauche, fracturé au garrot, etc...)

Historico (longé avant et après les mobilisations)